En 2026, le Musée du Niel dévoile une nouvelle lecture de sa collection, placée sous le signe de la couleur et de l’abstraction.
Après avoir exploré, en 2023, les origines de la collection à travers le livre de Jean Grenier Entretiens avec 17 peintres non figuratifs, puis confronté en 2024 deux avant-gardes — la Nouvelle École de Paris et Supports/Surfaces —, et mis en lumière en 2025 Dubuffet et les magiciens dans une approche plus figurative, le musée propose en 2026 une immersion dans l’expression abstraite à travers le prisme de la couleur avec l’exposition : « l’Abstraction est une couleur ».
Cette exposition interroge les relations complexes qui se nouent, dans la seconde moitié du XXe siècle, entre abstraction et couleur. Loin d’être évidente, leur alliance s’inscrit d’abord dans une tension, voire un affrontement. Dans l’après-guerre, la couleur peine à s’imposer au sein d’un langage abstrait marqué par une retenue chromatique : dominé par le noir, le blanc et le gris, le paysage esthétique se montre souvent réfractaire aux éclats colorés.
Vers une “abstraction de la couleur”
Certains artistes parviennent pourtant à affirmer la puissance de la couleur. Ainsi, Jean Dewasne l’impose à travers une rigueur géométrique, tandis que Georges Mathieu, Gérard Schneider, Serge Poliakoff ou Hans Hartung en explorent la dimension lyrique. Simon Hantaï, quant à lui, fait de la couleur un principe structurant, un élément central de l’œuvre. Aujourd’hui, Fabienne Verdier prolonge cette quête avec une intensité renouvelée.
Parmi ces démarches, une œuvre rare de CHU Teh-Chun, 15.12.1975 (1975), sera tout particulièrement mise à l’honneur, témoignant de la force expressive et de la profondeur chromatique qui caractérisent cette recherche.
De l’autre côté de l’Atlantique, des artistes revendiquent l’héritage de Matisse et placent la couleur au cœur de leur pratique abstraite, contribuant à réinventer le médium pictural. C’est notamment le cas de Shirley Jaffe, Sam Francis, Kimber Smith ou James Bishop.
De ces tensions, de ces résistances et de ces échanges transatlantiques émerge une nouvelle sensibilité. Tantôt éclatante, tantôt sourde, elle donne naissance à une véritable écriture picturale que l’on pourrait qualifier d’« abstraction de la couleur ».
Pour plus d’information sur l’exposition : Musée du Niel, Hyères
Image : CHU Teh-Chun, 15.12.1975, 1975, huile sur toile, 65 x 81 cm © Adagp, Paris 2026 – Collection particulière Photographie © M. Prier
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